ACTUALITÉS INSERM
 
CoviDIAB, une application destinée aux diabétiques confinés
L’Inserm, l’Université de Paris et l’AP-HP lancent CoviDIAB, une application nationale d’information, de prévention et d’accompagnement en ligne pour les diabétiques confinés en période d’épidémie de Covid-19. Les patients peuvent s’y inscrire eux-mêmes ou par l’intermédiaire d’un médecin sur le site www.covidiab.fr. Ils accèdent ainsi à une médiathèque mise à jour quotidiennement. Des notifications sont envoyées à chaque fois qu’une information utile aux patients est publiée. En outre, grâce à des questionnaires, des conseils personnalisés sont fournis. Enfin, des questions sur l’état de santé sont posées régulièrement afin d’orienter le patient vers des soins spécifiques en cas de besoin, selon les recommandations actualisées (médecin traitant, SAMU, urgences), et en favorisant la téléconsultation. Le système prévoit, pour les médecins qui le souhaitent, la surveillance d’alertes individuelles leur permettant d’agir directement auprès de leurs patients. Des sessions vidéo en direct sont proposées aux inscrits de CoviDIAB avec des diabétologues, soignants hygiénistes et infectiologues.
 
 
 
 
Covid-19 : suivre l’évolution des connaissances et des comportements de la population
À l’Inserm, l’équipe Surveillance et modélisation des maladies infectieuses de l’institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique à Paris sonde les connaissances, perceptions et comportements de la population générale et des professionnels de santé face à l'épidémie de Covid-19. L’objectif est de caractériser et de quantifier les changements de comportement, pour paramétrer des modèles mathématiques de progression de l’épidémie. Les données recueillies sont précieuses à la prise de décision des pouvoirs publics.
 
 
ACTUALITÉS DE LA RECHERCHE INTERNATIONALE
 
Comment protéger les maisons de retraite ?
Les hôpitaux, les maisons de retraite et autres établissements de santé qui abritent des personnes vulnérables sont des lieux où le virus peut se transmettre très facilement, avec des conséquences potentiellement graves. Une équipe de chercheurs de l’État de Washington aux États-Unis, en collaboration avec les Centers for Disease Control and Prevention, a étudié le cas d’une maison de retraite médicalisée de 130 résidents et 170 employés dans le King County. 167 personnes y ont été infectées, dont 101 résidents, 50 membres du personnel, et 16 visiteurs. Lorsqu’une prévalence inhabituelle de maladies respiratoires a été détectée dans l’établissement, des procédures d’investigation et de mise en quarantaine des personnes exposées ont immédiatement été instaurées. 
Ces initiatives ont permis de limiter la transmission du virus au sein de la structure, et surtout, d’empêcher le virus d’atteindre d’autres établissements de santé par l’intermédiaire du personnel soignant. En effet, les chercheurs montrent que l’apparition en série de foyers de cas Covid-19 dans des maisons de retraite médicalisées constitue un risque majeur : le phénomène peut contribuer à saturer rapidement les capacités de soin de toute une région. Le dépistage systématique des employés, les restrictions de visites et l’isolement des personnes exposées sont des outils efficaces pour lutter contre ce phénomène.

Temet M. McMichael, et al. The New England Journal of Medicine, 27 mars 2020.
https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2005412

 
 
 
Quand les cytokines sont libérées en masse
L’une des grandes inconnues de Covid-19 est la mécanique de la réponse immunitaire des patients au virus SARS-CoV-2. Les chercheurs s’interrogent précisément sur les conditions dans lesquelles peut survenir un choc cytokinique, ou syndrome de libération des cytokines (SLC). Il s’agit d’un phénomène d’hyperproduction de cytokines qui provoque une réaction inflammatoire extrêmement forte, pouvant entraîner la défaillance d’un ou plusieurs organes, et la mort. Il est donc urgent de comprendre pourquoi la réponse immunitaire au virus est disproportionnée – et inadaptée – chez certains patients, et pas chez d’autres.
Pour éclairer cette question, une équipe de chercheurs de l’hôpital Tongji et de la faculté des sciences de Huazhong, à Wuhan, a comparé les caractéristiques cliniques et immunologiques de patients stables et d’autres en état grave. Ils montrent que le nombre de lymphocytes T, en particulier CD4 et CD8, est corrélé à l’état du patient et pourrait donc constituer un marqueur immunologique important. De plus, l’état clinique du patient est lui-même lié au risque de développer un choc cytokinique. Ces premiers résultats pourraient contribuer à l’élaboration de stratégies qui permettraient de mieux anticiper choc cytokinique, réponse inflammatoire et détresse respiratoire aiguë chez les patients atteints par le Covid-19.

Guang Chen, et al. Journal of Clinical Investigation, 27 mars 2020.
https://doi.org/10.1172/JCI137244

 
 
C'EST DANS L'AIR
 
Le vaccin BCG pour combattre le Covid-19, vraiment ?
C’est un sujet qui revient beaucoup depuis quelques jours, le vaccin BCG contre la tuberculose serait un allié prometteur dans la lutte contre le Covid-19. Mais qu’en est-il vraiment ?

Des études épidémiologiques ont montré de façon intéressante une corrélation entre taux de vaccination au BCG et taux de morbidité et de mortalité face au Covid-19. Si la majorité de ces études vont dans le même sens, elles ne permettent pas de conclure à une relation de causalité car elles restent soumises à d’importants biais, en particulier sur la différence de niveau de vie et de politique de santé entre les pays à fort et à faible taux de vaccination.

Cependant, le BCG a démontré auparavant chez les enfants un effet protecteur non spécifique contre les infections, en particulier respiratoires. Les vaccins vivants comme le BCG, le vaccin contre la rougeole ou encore le vaccin oral contre la polio auraient en effet des effets bénéfiques non spécifiques sur certaines infections. Le BCG pourrait ainsi permettre de diminuer l’importance de l’infection au virus SARS-CoV-2 en stimulant la mémoire de l’immunité innée, première immunité à entrer en jeu face à une infection, et en induisant ainsi une « immunité innée entraînée ».
Le vaccin BCG est très bien connu (plus de 3 milliards de personnes vaccinées dans le monde) ; beaucoup de données existent et ses contre-indications (immunodéficience notamment) sont peu nombreuses et bien identifiées. Enfin, il s’agit d’un des vaccins les moins chers au monde.

Forts de ces observations, des chercheurs de plusieurs pays ont lancé des essais cliniques de grande ampleur (1 000 personnes aux Pays-Bas, 4 000 en Australie) chez les personnes à haut risque d’exposition (personnels soignants notamment).
La France travaille aussi sur le sujet. Camille Locht, directeur de recherche Inserm à l’institut Pasteur de Lille, prépare la mise en place d’un d’essai clinique français en double aveugle. Une collaboration avec l’Espagne, qui mène également des recherches sur un projet de ce type, pourrait permettre de comparer à grande échelle les bénéfices de la vaccination au BCG à un placebo commun aux deux pays. Si l’essai clinique voit le jour, il faudra cependant encore suivre les participants pendant 2 à 3 mois pour avoir des données fiables.

Les chercheurs se veulent prudents : la piste du vaccin BCG est très intéressante, mais elle nécessite d’être explorée au sein d’essais cliniques rigoureux. Aucune donnée ne permet à ce jour de recommander une vaccination au BCG pour se protéger du Covid-19. 
 
 
Contact presse :
presse@inserm.fr
Facebook
Twitter
LinkedIn
Instagram
Youtube
 
 
© 2020 Inserm