ACTUALITÉ INSERM
 
Quand une maladie génétique rare aide à mieux lutter contre la maladie
Seules certaines personnes développent une forme grave de Covid-19. Et ce phénomène ne semble pas directement lié au virus : il est vraisemblablement dû à la nature de la réponse immunitaire. Cette dernière présenterait alors des similitudes avec la réponse observée dans certaines maladies génétiques. Mettre à profit les avancées déjà réalisées chez des patients atteints de pathologies rares pourrait donc aider à mieux comprendre et combattre la nouvelle maladie virale.
 
 
ACTUALITÉS DE LA RECHERCHE INTERNATIONALE
 
Tests PCR : à la recherche de la meilleure technique de prélèvement
Le recours au dépistage par test PCR est indispensable, non seulement au niveau individuel pour garantir qu’un patient n’est pas ou plus contagieux, mais aussi au niveau d’une population afin de surveiller la progression de l’épidémie. Pour que le test donne des informations utiles, il doit limiter au maximum les faux-négatifs ; en particulier, le prélèvement de l’échantillon clinique qui permettra d’évaluer la charge virale doit être fiable et bien réalisé. Or, pour pouvoir tester très fréquemment, de nombreux pays envisagent le prélèvement au volant ou encore l’auto-prélèvement, qui ne sont pas toujours effectués dans de bonnes conditions. Il est donc important de déterminer quelle méthode de prélèvement permet d'avoir le moins de faux-négatifs, puis de contrôler d’autres facteurs (inconfort, rapidité, acceptation) afin d’évaluer le rapport bénéfice/risque de différents environnements de test.
Dans cette optique, des chercheurs de l’université de sciences et de technologies de Huazhong ont comparé la performance du prélèvement nasopharyngé (par le conduit nasal) et du prélèvement oropharyngé (par la bouche) sur 353 patients chez qui les deux méthodes ont été utilisées simultanément. Ils montrent que le prélèvement oropharyngé, généralement considéré comme le moins désagréable des deux, est corrélé à un nombre plus élevé de résultats faux-négatifs. Les chercheurs recommandent donc d'utiliser des prélèvements nasopharyngés pour diagnostiquer la présence du SARS-CoV-2. Cependant, aucune de ces deux méthodes n’est en mesure de réduire à zéro le nombre de faux-positifs.

XiongWang, et al. International Journal of Infectious Diseases, 18 avril 2020.
In Press, Journal Pre-proof
 
 
Covid-19 et médicaments contre l’hypertension : les craintes se dissipent
Parce que le point d’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules humaines est le récepteur ACE2, une enzyme de conversion de l’angiotensine, dès le début de l’épidémie, des chercheurs et médecins se sont inquiétés d’un scénario possible : et si les patients qui prennent des médicaments ciblant l’angiotensine étaient plus vulnérables que les autres face au virus ? De fait, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (ACE), et les bloqueurs des récepteurs de l’angiotensine 2 (ARA-II), deux classes de médicaments très courants pour traiter l’hypertension, sont largement utilisés. En agissant sur ACE2, protéine déterminante dans la régulation de la pression artérielle, ils auraient pu faciliter la tâche du virus dans sa redoutable campagne d’infection de l’organisme.
Or, des équipes coordonnées par le département de cardiologie de l’université de Wuhan présentent aujourd’hui des données capables de soulager cette inquiétude. Les chercheurs ont étudié 1 128 patients hospitalisés souffrant d’hypertension et diagnostiqués positifs au Covid-19. Parmi eux, 188 prenaient les médicaments incriminés, et 940 n’en prenaient pas. Le taux de mortalité du premier groupe était de 3,7 %, contre 9,8 % dans le second. Cette différence a persisté après contrôle d’autres variables que sont l’âge, le sexe et les comorbidités. Non seulement la prise de ces médicaments ne semble donc pas défavorable aux patients, mais elle est associée à un bénéfice thérapeutique. Il faudra maintenant attendre des essais cliniques randomisés contrôlés pour mieux mesurer cet effet.

Peng Zhang, et al. Circulation Research, 17 avril 2020.
DOI : 10.1161/CIRCRESAHA.120.317134
 
 
FAUSSES INFORMATIONS
 
Des ondes 5G responsables de la pandémie de Covid-19, vraiment ?
Particulièrement répandue au Royaume-Uni et aux États-Unis, la théorie selon laquelle le virus SARS-CoV-2 serait transmis par les ondes de rayonnement de la 5G commence à émerger en France. Cette fausse information, qui a déjà poussé un petit nombre d’individus à détruire des antennes de téléphonie 5G outre-Manche, ne s’appuie sur aucun fondement scientifique.
 
Rappelons tout d’abord que les mécanismes de transmission du virus sont bien documentés : le virus se transmet d’une personne à une autre par voie aérienne notamment via des gouttelettes respiratoires, par contacts directs avec des sécrétions ou liquides biologiques, ou encore par l’intermédiaire d’un objet contaminé. En aucun cas, les ondes de rayonnement de la 5G ne sont impliquées dans sa diffusion.
 
Autre argument relayé par ceux qui établissent un lien entre 5G et épidémie de Covid-19 : les ondes radiofréquences de la 5G pourraient affaiblir le système immunitaire, favorisant l’infection. La littérature scientifique ayant trait aux effets du rayonnement électromagnétique sur la santé est dense mais les résultats obtenus sont souvent contradictoires. À l’heure actuelle, le manque de reproductibilité de ces études, souvent limitées d’un point de vue méthodologique, ne permet pas de faire ressortir un effet quelconque de ces ondes sur l’organisme.
 
Il est clair néanmoins que les ondes auxquelles nous serions exposés une fois la 5G déployée ne sont pas suffisamment puissantes pour avoir un impact sur notre système immunitaire. L’énergie associée à ces ondes est trop faible pour créer des dommages cellulaires au niveau de l’organisme, et, plus particulièrement, pour avoir un impact sur les cellules immunitaires.
Le seul risque associé à ces ondes, appuyé par des données issues de la recherche, est un risque de réchauffement du corps. Certains avancent que c’est cet effet thermique qui pourrait conduire à un affaiblissement du système immunitaire. Cependant, si des études ont évoqué un tel effet, c’est uniquement dans le cadre d’une utilisation thérapeutique de ces ondes. Dans ce cas, les expositions sont beaucoup plus fortes en termes de puissance (10 à 15 fois les normes limites) que les expositions auxquelles nous sommes soumis dans la vie quotidienne.
 
Il convient donc de prendre du recul par rapport à ces publications : dans le cadre des réglementations actuelles, nous sommes très loin d’être exposés à des niveaux de rayonnement électromagnétique capables de provoquer d’éventuels effets thermiques sur l’organisme. Notre exposition à ces ondes n’a pas d’impact sur le système immunitaire et ne peut être mise en cause dans la diffusion de l’actuelle pandémie.
 
Texte réalisé avec Yves Le Dréan, chercheur à l’Institut de recherche en santé, environnement et travail (unité Inserm 1085, équipe Évaluation de l’impact des ondes électromagnétiques sur la santé humaine, Rennes).
 
LA PHOTO DU JOUR
 
 
Cellule respiratoire infectée par le SARS-CoV-2
 
Gros plan sur une cellule respiratoire infectée par le SARS-CoV-2, responsable du Covid-19. En rouge et jaune, on observe des vésicules caractéristiques du cycle de vie du virus, qui contiennent le matériel viral nécessaire à sa réplication en de nombreuses nouvelles particules virales qui iront infecter d’autres cellules. 
 
© Manuel Rosa-Calatrava, Inserm ; Olivier Terrier, CNRS ; Andrés Pizzorno, Signia Therapeutics ; Elisabeth Errazuriz-Cerda UCBL1 CIQLE. VirPath (Centre international de recherche en infectiologie Unité 1111 Inserm - UMR 5308 CNRS - ENS Lyon - UCBL1). Colorisé par Noa Rosa C. 
 
 
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