ACTUALITÉ DU CONSORTIUM REACTING 
 
Suivi des cas graves de Covid-19 : une clé pour comprendre la maladie
Une cohorte de patients infectés par SARS-CoV-2, hospitalisés en raison de symptômes graves, a été constituée. Les données issues de ces patients permettront d’améliorer la connaissance de cette maladie, notamment concernant ses facteurs de risque, pour une meilleure prise en charge des futurs patients.
 
 
 
Covid-19 : Repositionner des médicaments pour accélérer la mise à disposition de traitements
Le laboratoire Virpath, dirigé par Bruno Lina et Manuel Rosa-Calatrava au Centre international de recherche en infectiologie* à Lyon, mise sur le repositionnement de médicaments pour trouver rapidement de nouveaux traitements contre les maladies infectieuses. Cette stratégie pourrait s’avérer payante dans la lutte contre le Covid-19. 
 
 
ACTUALITÉ DE LA RECHERCHE INTERNATIONALE
 
Comment améliorer le pronostic des patients ?
Les personnes atteintes par Covid-19 montrent une grande variété de symptômes, allant de l’absence totale de signes cliniques à des états critiques, comme le syndrome de détresse respiratoire aiguë. Or, l’état des patients évolue dans le temps de manière parfois inattendue, voire brutale, ce qui complique la prise en charge. Des chercheurs de Nanchang, en Chine, ont réalisé des prélèvements nasopharyngés sur 74 patients qui présentaient un état moyen ou grave, et admis à l’hôpital. Leurs observations sont prometteuses : la charge virale de SARS-CoV-2, c’est-à-dire la quantité de virus présente dans un volume de fluide, serait un marqueur utile pour estimer la gravité de la maladie et établir un pronostic. Chez les patients atteints des formes très sévères de Covid-19, la charge virale était élevée, et le temps d'élimination du virus de l’organisme plus long que chez les cas moins graves. Cet indicateur pourrait donc servir à prévenir une détérioration tardive de l’état de certains patients.

Yang Liu et al. The Lancet Infectious Diseases, 19 mars 2020
 
 
Mieux estimer le risque de mourir de la maladie
Lors de l'émergence d'un nouvel agent pathogène, la priorité est d'estimer la menace qu’il constitue pour la population, notamment concernant sa létalité. Pour cela, il est nécessaire de bien estimer la capacité de détection des nouveaux cas, et le délai entre l'apparition des symptômes et la mort éventuelle des malades.
On peut aujourd’hui évaluer plus finement ces variables, en profitant d’un meilleur recul sur les données collectées au début de l’épidémie. Ainsi, une équipe dirigée par le Collaborating Centre for Infectious Disease Epidemiology and Control de l’OMS a réévalué la probabilité de décéder du Covid-19 après avoir développé des symptômes, c’est-à-dire la létalité symptomatique de la maladie. Selon elle, elle serait de 1,4 % (0,9-2,1 %) à Wuhan, un chiffre sensiblement inférieur aux premières estimations, plus naïves, qui situaient le taux de létalité global de la maladie entre 2 et 3 %.

Joseph T. Wu, et al. Nature Medicine, 19 mars 2020
https://doi.org/10.1038/s41591-020-0822-7
 
FAUSSES INFORMATIONS
 
La chloroquine une molécule miracle, vraiment ?
Dans les médias et sur les réseaux, on entend beaucoup parler d’une molécule « miracle » : la chloroquine. Certains réclament notamment qu’on l’utilise immédiatement pour traiter l’ensemble des personnes infectées sans attendre les résultats des essais cliniques. Mais qu’en est-il vraiment ?

Il faut tout d’abord bien différencier la chloroquine de son homologue l’hydroxychloroquine. Si ces deux molécules ont le même mode d’action, elles n’ont pas le même profil d’utilisation. La première présente chez l’humain une dose thérapeutique très proche de la dose toxique, tandis que la seconde présente une dose thérapeutique beaucoup plus basse que la dose toxique. L’hydroxychloroquine présente donc moins de risque de toxicité. C’est elle qui est considérée par les chercheurs comme un des alliés potentiels pour lutter contre le Covid-19.

Ainsi, l’hydroxychloroquine a été incluse dans l’essai clinique européen Discovery destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux contre le Covid-19. Coordonné par l’Inserm dans le cadre du consortium REACTing, cet essai a commencé dimanche 22 mars 2020 et inclura au moins 800 patients français atteints de formes sévères du Covid-19.
À la demande de l’OMS et de l’État français, l’hydroxychloroquine a été rajoutée aux molécules candidates peu avant le début de l’essai clinique. La façon dont est conçue l’étude lui permet en effet d’accueillir toute nouvelle molécule d’intérêt majeur. De nouvelles données intéressantes ont motivé cette intégration à l’essai clinique, en particulier la sortie d’un article chinois dans la revue Clinical Infectious Disease le 9 mars.

L’hydroxychloroquine sera évaluée et comparée de la même façon que les autres molécules candidates. L’essai clinique étant en temps réel et adaptatif, les molécules ne présentant pas ou trop peu de résultats seront abandonnées rapidement au profit de nouvelles molécules candidates.

L’Inserm tient à rappeler que la prise de chloroquine ou d’hydroxychloroquine en automédication est dangereuse. Il est nécessaire d’attendre les résultats des essais cliniques afin de statuer sur l’efficacité et l’innocuité de toutes les molécules candidates.

En savoir plus sur l’essai clinique Discovery
 
 
Suite à l’annonce du lancement de l’essai clinique Discovery contre le Covid-19 dans le week-end du 23 mars 2020, essai coordonné par l’Inserm et le Pr Ader, médecin-chercheur dans le service des Maladies Infectieuses de l’hôpital de la Croix-Rousse – Hospices Civils de Lyon, voici quelques explications du Pr Florence Ader et du Pr Bruno Lina.
 
 
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L'image du jour
 
Coronavirus SARS-CoV-2 responsables de la maladie Covid-19 accrochés aux cellules épithéliales au niveau des cils du pôle apical (pôle de la cellule tourné vers le milieu extracellulaire). Il s'agit des toutes premières images du virus SARS-CoV-2 isolé à partir des premiers patients pris en charge à l'hôpital Bichât à Paris en janvier 2020. Pour l’observer, les chercheurs de l’Inserm, du CNRS, de l’Université Claude Bernard Lyon 1 et de la start-up Signia Therapeutics ont reproduit les conditions d’infection dans un épithélium respiratoire humain reconstitué. Les images ont été obtenues par microscopie électronique à transmission au sein du laboratoire VirPath - Centre international de recherche en infectiologie avec l'appui de la plateforme CIQLE. 
 
© Manuel Rosa-Calatrava, Inserm ; Olivier Terrier, CNRS ; Andrés Pizzorno, Signia Therapeutics ; Elisabeth Errazuriz-Cerda UCBL1 CIQLE. VirPath (Centre International de Recherche en Infectiologie U1111 INSERM - UMR 5308 CNRS - ENS Lyon - UCBL1). Colorisé par Noa Rosa C.
 
 
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