ACTUALITÉS INSERM ET CONSORTIUM REACTING
 
Lancement d’un dispositif d’aide conjointe en Afrique
L’Inserm et l’Agence française de développement (AFD) annoncent la mise en œuvre d’un dispositif de soutien de 1,5 million d’euros pour l’Afrique francophone. Appelé Aphro-Cov et piloté par le consortium REACTing, ce dispositif conjoint vise à améliorer la veille sanitaire et la prise en charge des cas suspects de Covid-19 dans 5 pays d'Afrique : Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali et Sénégal. En outre, il cible les laboratoires, le dispositif d'alerte précoce, les services cliniques et la population.
 
 
 
Les données des téléphones mobiles au service de la lutte contre la pandémie de Covid-19
L’Inserm s’associe avec Orange pour étudier l’impact du confinement sur la mobilité des populations et explorer la manière dont l’usage des données agrégées issues des téléphones mobiles pourrait permettre de mieux prédire l’évolution de la pandémie de Covid-19. Les données agrégées issues de nos portables pourraient constituer un outil efficace dans la lutte contre la propagation du coronavirus. Cette coopération entre une équipe de recherche de l’Inserm et Orange va ainsi permettre à des chercheurs de l’Institut d’utiliser les données de l’opérateur téléphonique à des fins de recherche, dans le contexte de la pandémie, pour mieux comprendre la diffusion du virus et l’impact du confinement.
 
 
 
Confinement : une étude pour en évaluer les effets psychologiques
Anne Giersch, directrice du laboratoire Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie à Strasbourg, mène une étude auprès de volontaires sains, pour explorer les effets positifs et négatifs du confinement, notamment sur la santé mentale.
 
 
ACTUALITÉ DE LA RECHERCHE INTERNATIONALE
 
Des anticorps au secours des patients en état grave
En l’absence de traitement efficace contre Covid-19, de nombreuses initiatives sont prises en médecine d’urgence pour tenter de soulager les symptômes des patients en état grave, infléchir le cours de la maladie et éviter une issue fatale. Dans ce contexte, des chercheurs et médecins chinois ont administré des immunoglobulines intraveineuses à forte dose, un traitement habituellement préconisé en cas de maladie affectant fortement le système immunitaire, à trois patients qui présentaient les premiers signes de détresse respiratoire. Après 5 jours de traitement combiné à la prise d’antibiotiques, leur état s’était amélioré.
Ces résultats pourraient justifier l’organisation d’essais cliniques randomisés pour évaluer l’efficacité de ce traitement chez les patients Covid-19 victimes d’une cascade inflammatoire, consécutive à une pneumonie interstitielle aiguë. Surtout, selon les auteurs de l'article ils contribuent à informer une hypothèse selon laquelle la fenêtre où l’état du patient se détériore rapidement est déterminante pour l’intervention thérapeutique.

Wei Cao, et al. Open Forum Infectious Diseases, 21 mars 2020.
https://doi.org/10.1093/ofid/ofaa102
 
 
 
Retour sur les mesures de distanciation sociale à Wuhan
Dans le cadre de la pandémie Covid-19, un grand nombre de pays ont désormais pris des mesures sanitaires destinées à limiter la mobilité des populations et les contacts entre les personnes – en particulier les contacts intergénérationnels. Ces mesures étant très contraignantes, avec de nombreuses conséquences sociales, psychologiques et économiques, il est urgent de mesurer leurs effets réels pour mieux déterminer quand les déployer, et pour combien de temps. En Chine, les autorités mettent tout en œuvre pour réduire le risque de résurgence épidémique, sous la forme d’une “seconde vague” de nouveaux cas qui pourrait émerger à la fin du confinement.
Dans ce cadre, des chercheurs du Centre de modélisation mathématique des maladies infectieuses (CMMID), à Londres, ont évalué l’effet de la fermeture des écoles, de la réduction de l’activité professionnelle et de la réduction des contacts sociaux à Wuhan sur le cours de l’épidémie. Leur modèle indique que, pour que les mesures d’éloignement physique déjà appliquées aient une efficacité optimale, il faudrait les lever au début du mois d’avril, et non en mars : cela permettrait de retarder le second pic épidémique à fin octobre, et de distribuer plus uniformément le nombre de nouveaux cas jusqu’à la fin de 2020.

Kiesha Prem, et al. The Lancet, 25 mars 2020.
https://doi.org/10.1016/S2468-2667(20)30073-6
 
FAUSSES INFORMATIONS
 
Un essai laissant des patients sans soins, vraiment ?
Plusieurs fausses informations circulent concernant l’essai clinique Discovery coordonné par l’Inserm via REACTing. On administrerait un placebo à 20% des patients choisis au hasard et laissés sans soins par ailleurs. De plus, l’hydroxychloroquine ne serait donnée qu’aux patients déjà en réanimation. Ces affirmations sont fausses.

L’essai clinique Discovery n'est pas un essai clinique compassionnel mais un essai clinique d'efficacité et de tolérance. Il est “à 5 bras”, c’est-à-dire qu’il a démarré avec 5 modalités de traitement :
  • soins standards (les soins actuellement fournis aux malades hospitalisés en fonction de la gravité de leur état),
  • soins standards + remdesivir,
  • soins standards + lopinavir et ritonavir,
  • soins standards + lopinavir, ritonavir et interféron bêta,
  • soins standards + hydroxychloroquine.
 
Ces traitements sont attribués aléatoirement aux participants (on parle d’“étude randomisée”) de manière à constituer 5 groupes équivalents en nombre de patients, qu’ils soient admis en réanimation ou dans un autre service hospitalier. Le bras “hydroxychloroquine” est traité selon ces mêmes critères et sera évalué exactement de la même façon que les autres molécules à l’essai. Aucun patient ne se voit administrer de placebo et tous les patients reçoivent les soins adaptés à leur état.

Discovery est un essai “ouvert” , c’est-à-dire que tant les soignants que les patients sont informés du traitement attribué (par opposition à un essai en aveugle ou en double aveugle). L’analyse de l’efficacité et de la sécurité du traitement sera évaluée 15 jours après l’inclusion de chaque patient. L’objectif est de recruter au moins 800 participants en France (3 200 au niveau européen).
L’essai clinique est “adaptatif”, c’est-à-dire que les traitements expérimentaux apparaissant comme inefficaces pourront être abandonnés rapidement et remplacés par d’autres molécules qui émergeront de la recherche.

En savoir plus sur l’essai clinique Discovery
 
 
 
Contact presse :
presse@inserm.fr
Facebook
Twitter
LinkedIn
Instagram
Youtube
 
 
© 2020 Inserm