ACTUALITÉS INSERM ET CONSORTIUM REACTING
 
Covid-19 : le CNRS et l’Inserm mobilisés pour réaliser des tests de dépistage
Un décret et un arrêté publiés le 5 avril autorisent les préfets à réquisitionner les laboratoires de recherche publique afin de procéder aux tests de dépistage du Covid-19 en utilisant la technique dite de RT-PCR, fondée sur le matériel génétique. Le CNRS et l’Inserm se sont préparés en recensant, dans les laboratoires dont ils sont tutelles, le matériel disponible et le nombre de tests de ce type qui pourraient être réalisés par jour, dans les conditions fixées par le gouvernement. Une cinquantaine de structures, en mesure d’effectuer plus de 100 000 tests par jour, pourront être mises à contribution dès les prochains jours, sous la coordination de l’Inserm.
 
 
 
Les enseignements des réseaux sociaux aident à la décision publique
À l’Inserm, l’équipe Surveillance et modélisation des maladies infectieuses de l’institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique à Paris sonde les connaissances, perceptions et comportements de la population générale et des professionnels de santé face à l'épidémie de Covid-19. L’objectif est de caractériser et de quantifier les changements de comportement, pour paramétrer des modèles mathématiques de progression de l’épidémie. Les données recueillies sont précieuses à la prise de décision des pouvoirs publics.
 
 
Essai clinique Discovery : point d'étape au 7 avril 2020
 
Florence Ader, porteuse de l'essai clinique Discovery fait le point sur ce projet qui a pour objectif d'identifier un antiviral efficace contre le Covid-19.
Genèse de l'essai, choix et mise en place du protocole, approvisionnement en molécules, nombre de patients recrutés et de centres participants en France au 7 avril 2020, indépendance du traitement des données récoltées, premiers résultats... Florence Ader répond de façon très pédagogique à ces interrogations.
 
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ACTUALITÉS DE LA RECHERCHE INTERNATIONALE
 
Dépister plus vite et à moindre coût ?
À l’heure actuelle, le test de dépistage couramment utilisé pour détecter si un individu est infecté par le virus SARS-CoV-2 repose sur la technique RT-PCR. Celle-ci exploite une série de réactions enzymatiques qui permettent d'amplifier l’ARN du virus afin d’en détecter la présence dans un échantillon biologique. Très précis, ce test ne peut être réalisé que dans un laboratoire par du personnel habilité, ce qui suppose des investissements coûteux. Ces contraintes limitent considérablement l’accroissement des capacités de dépistage, pourtant nécessaire dans de nombreux pays, dont la France.
Des chercheurs du Centre pour la recherche convergente sur les maladies infectieuses émergentes, à Daejeon en Corée du Sud, sont sur la piste d’un nouveau type de tests. Ils ont utilisé une technique récente, RT-LAMP, elle aussi fondée sur l’amplification des acides nucléiques, et l’ont adaptée à la détection du SARS-CoV-2. Parce qu’elle est réalisée à température constante, la LAMP n’exige pas l’utilisation d’un thermocycleur, équipement très coûteux. D’une sensibilité comparable au PCR lorsqu’elle est bien calibrée, cette technique pourrait donc démultiplier le nombre et la rapidité des tests de dépistage, surtout si l’on parvient à l’adapter à un usage en ambulatoire.

Gun-Soo Park, et al. The Journal of Molecular Diagnostics, 7 avril 2020.
DOI : 10.1016/j.jmoldx.2020.03.006
 
 
 
À l’approche de la seconde vague
Depuis début mars, la Chine fait état de moins de 200 nouveaux cas Covid-19 quotidiens, dont beaucoup de cas importés. La situation semble stabilisée, notamment dans la province du Hubei, la zone la plus touchée, isolée du reste du pays par un cordon sanitaire. Le pays doit maintenant relâcher progressivement les mesures de confinement total et se préparer à une possible résurgence épidémique.
Des chercheurs de Hong Kong, en collaboration avec le Centre de collaboration sur l’épidémiologie et le contrôle des maladies infectieuses de l’OMS, ont modélisé les effets possibles d’un assouplissement des mesures sanitaires dans les zones encore peu touchées par l’épidémie, où le taux d’immunité de la population est probablement très bas. Ils montrent que le taux de létalité moyen du Covid-19 hors de la province du Hubei est de 0,98%, c’est-à-dire presque cinq fois inférieur à celui du Hubei, de 5,91%. Selon eux, assouplir les interventions sanitaires en Chine continentale augmentera significativement le taux de reproduction du virus et favorisera le retour à une croissance exponentielle du nombre de nouveaux cas. Il faudra donc assurer une surveillance étroite du taux de létalité et du taux de reproduction du virus partout en Chine, afin d’envisager de nouvelles périodes de confinement total si cela s’avère nécessaire.

Kathy Leung et al. The Lancet, 8 avril 2020.
DOI :10.1016/S0140-6736(20)30746-7
 
FAUSSES INFORMATIONS
 
Un confinement inutile, vraiment ?
L’impatience monte alors que le confinement se prolonge et certains commencent à s’interroger : est-il vraiment utile ? N’y aurait-il pas de solutions alternatives plus efficaces ? L’Inserm revient sur les questions autour du confinement.

Commençons par le rappeler : oui le confinement est utile. Pourquoi ? Parce qu’il permet de diminuer le nombre de contacts entre personnes infectées et personnes saines susceptibles de contracter la maladie. Sans lui, chaque personne infectée en contamine en moyenne au moins deux autres. L’objectif du confinement est de descendre en dessous d’une personne contaminée par personne infectée, une limitation nécessaire pour casser la dynamique de transmission du virus. L’aplatissement de la courbe des nouvelles infections est indispensable pour éviter une surcharge des systèmes de santé, et surtout des soins intensifs, et diminuer autant que possible la mortalité.

S’il est utile, le confinement est une mesure qui demande du temps pour montrer ses premiers résultats positifs. Cependant, en l’absence de médicaments efficaces contre l’infection et/ou de vaccins capables de la prévenir ou de « booster » le système immunitaire, il n’existe pas d’autre solution que le confinement pour permettre une telle réduction de la mortalité.
On observe d’ailleurs aujourd’hui dans de nombreux pays, dont l’Espagne et l’Italie, que le confinement permet – après une période plus ou moins longue en fonction de l’intensité de l’épidémie au moment où les mesures sont mises en place –, d’aplatir la courbe de progression et de diminuer le nombre journalier de nouvelles infections. Le confinement laisse par ailleurs du temps aux pouvoirs publics pour programmer l'adaptation des infrastructures (TGV pour transporter les malades, réassignation de certains services hospitaliers, déploiement des tests…) et la préparation d'un plan de gestion épidémique sur le long terme.

Si le confinement était interrompu en France aujourd’hui, on verrait très probablement les infections repartir à la hausse, avec une deuxième vague pandémique, des services de soins intensifs encore plus surchargés et une mortalité accrue.

Quelles sont alors les perspectives concernant le confinement ? À quel moment pourra-t-on en envisager la fin ? Avant toute chose, il est nécessaire que la courbe des nouvelles infections se soit non seulement stabilisée, mais aussi inversée, et que les services d’urgence soient retournés à un mode de fonctionnement normal. C’est seulement à partir de ce moment-là que la mise en œuvre du déconfinement pourra être envisagée. Rien n’empêche cependant en amont de le planifier. Il est vraisemblable que la stratégie adoptée soit celle d’un déconfinement progressif. Un exemple pratique de ce qui pourrait se passer est donné par la stratégie annoncée par l’Autriche, avec sans doute des adaptations spécifiques à la France.
 
Texte réalisé en collaboration avec Marie-Paul Kieny, chercheuse Inserm, virologue et ancienne directrice adjointe de l'OMS.
 
 
 
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