ACTUALITÉS INSERM ET CONSORTIUM REACTING
 
Des certificats de décès électroniques pour mieux compter les victimes du Covid-19
Afin d’obtenir des chiffres de mortalité précis liés la pandémie de Covid-19, il est important de recueillir rapidement les données issues de l’ensemble des acteurs habilités à délivrer des certificats de décès (établissements de santé, médecins de ville, Samu, Ehpad). Aujourd’hui, si la possibilité de déclarer les décès par voie électronique existe, elle est encore sous-utilisée. Or, elle représente un gain de temps considérable pour le traitement des données à l’échelle d’un pays comme la France. Le déploiement généralisé de la certification électronique des décès, rendu possible par l’Inserm via l’application CertDc, devrait permettre d’obtenir rapidement les chiffres nécessaires pour mieux suivre l’évolution de la pandémie.
 
 
 
SARS-CoV-2 : comprendre comment il se réplique... pour l’en empêcher 
À Marseille, Isabelle Imbert allie modèles biologiques et prédictions informatiques pour étudier les enzymes nécessaires à la réplication du SARS-CoV-2. À la clé du travail de cette enseignante-chercheuse spécialiste des coronavirus et de son équipe, de nouvelles connaissances qui permettront d’avancer dans la mise au point de traitements antiviraux efficaces contre le virus responsable du Covid-19.
 
 
ACTUALITÉ DE LA RECHERCHE INTERNATIONALE
 
Pourquoi le port du masque chirurgical pourrait freiner l’épidémie
Des chercheurs de l'Université du Maryland et de l'Université de Hong Kong viennent de montrer que le port d’un masque chirurgical pourrait limiter grandement la propagation des coronavirus humains saisonniers. Si on savait que leur transmission se fait via les gouttelettes excrétées par la toux ou les éternuements, leur étude montre qu’elle peut également se faire par la diffusion dans l’air de minuscules gouttelettes aérosolisées, soit par la simple inspiration du souffle d’une personne infectée à proximité, qu’elle présente ou non des symptômes. Or, en comparant chez des personnes infectées l’ARN de virus exhalé avec et sans masque chirurgical, les chercheurs américains et chinois ont constaté que son utilisation a significativement réduit la quantité d’ARN viral détectable dans les aérosols et, dans une moindre mesure, dans les gouttelettes respiratoires.
Bien que leurs travaux aient eu lieu avant l’épidémie de Covid-19, les chercheurs soulignent que le SARS-CoV-2 et les coronavirus saisonniers sont très proches et ont une taille similaire. Selon eux, le port du masque chirurgical pourrait ainsi contribuer à ralentir la propagation du SARS-CoV-2.

Nancy H. L. Leung, et al. Nature Medicine, 3 avril 2020
 
 
Un médicament prometteur capable de bloquer l’infection
Plusieurs études ont montré que les récepteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine 2 (ACE2) étaient le point d’entrée du SARS-CoV-2 pour infecter l’hôte, en se liant aux protéines Spike qui composent sa couronne. Ces récepteurs sont connus pour leur rôle dans le fonctionnement cardiovasculaire et leur atteinte ici par le virus fournirait une explication possible aux complications pulmonaires graves observées chez certains patients Covid-19 souffrant également de comorbidités cardiovasculaires préexistantes.
Des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique au Canada ont donc proposé un candidat médicament capable de bloquer ACE2, et donc le SARS-CoV-2, dans les premiers stades de l’infection. Les essais menés in vitro sur des tissus humains infectés se sont révélés encourageants : le candidat, nommé à ce stade "APN01" ou "hrsACE2", a permis de diviser la charge virale d’un facteur de 1000 à 5000. Il sera prochainement testé en essai clinique.

Vanessa Monteil, et al. Cell, 4 avril 2020
 
 
LA PHOTO DU JOUR
 
 
Évaluation de la concentration de préparations virales de SARS-CoV-2 par plages de lyse
 
Les plages de lyses sont des trous formés dans le tapis des cellules suite à l'infection par le virus SARS-CoV-2. Ce virus tue les cellules qu’il infecte, ce qui explique ces "trous". Le nombre de "trous" observés dans le tapis cellulaire (zones non colorées) est directement proportionnel à la concentration en virus infectieux de la préparation virale.
Pour les chercheurs, il est important de mesurer cette concentration dans le but d'infecter des cellules cibles avec des quantités connues de virus et de tester des molécules antivirales potentielles afin d’étudier la réponse antivirale des cellules cibles à l’infection.

Expérience réalisée par Olivier Moncorgé et Caroline Goujon, chercheurs à l'Inserm au sein de l'Institut de recherche en infectiologie de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier).
 
© Olivier Moncorgé
 
 
Contact presse :
presse@inserm.fr
Facebook
Twitter
LinkedIn
Instagram
Youtube
 
 
© 2020 Inserm